L'islam Authentique


La religion originelle d'Abraham



Au nom de DIEU, le Clément, le Miséricordieux


Les idées reçues sur l'islam

INTRODUCTION

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il convient d'abord de préciser un point important, de quel islam devons-nous parler ?
  • De l'islam des origines ou celui des théologiens ?
  • De l'islam sunnite, chiite ou de l'islam mystique des soufis ?
  • De l'islam de l'Arabie Saoudite, d'Égypte ou de l'islam africain ?

Les idées reçues, ont souvent la vie dure, elles acquièrent avec le temps le statut de dogmes immuables, celui qui tente leur déconstruction, fait face à une opération à très grands risques dont l’un des moindres c'est d’être taxé d’innovateur.

Il y a un adage qui stipule que  " il n'y a pas de fumée sans feu ", pour ainsi dire que les idées forgées sur l'islam ne viennent pas de nul part, elles trouvent en partie, leur source dans l'interprétation faite par les théologiens classiques des textes scripturaires de l'islam.

Nous devons donc, sur la base de cette donnée essentielle, nous demander quels sont les principaux facteurs qui ont favorisé dans le passé telle ou telle vision de l’Islam, et qui continuent aujourd’hui à influencer l’imaginaire collectif des musulmans et des non-musulmans.

Nous devons également être très attentifs aux facteurs nouveaux et inédits, d'ordre géopolitique, ces facteurs qui déterminent l'attitude de nos contemporains vis-à-vis de l’Islam.

Pour simplifier cette question complexe et ne pas sombrer dans des justifications comme le fait tant bien que mal les artistes de la rhétorique, on peut classer les facteurs explicatifs des idées reçues sur l'islam en deux sous groupes:

A/ Facteurs intrinsèques à l'islam

1-Facteurs relatifs au texte coranique:
 
-Le problème d'interprétation du texte coranique : clique ici pour plus d'infos

-Le problème posé par le principe de l'abrogeant-abrogé: cliquer ici pour plus d'infos

2-Facteurs relatifs aux Hadiths:

La plupart des idées reçues sur l'islam trouvent leur justification dans des Hadiths attribués à tort au Prophète (hadiths inventés), même si les théologiens classiques considèrent une grande partie comme authentiques selon des critères établis par eux même sans aucune légitimité divine: cliquer ici pour plus d'infos

B/ Facteurs extrinsèques

1-Les facteurs socioculturels

2-Les facteurs géopolitiques 

infiltration de l'islam de l’intérieur


Une fois que nous avons compris les mécanismes généraux contribuant à la genèse et la pérennisation de ces idées préconçues, nous allons développer dans cette page essentiellement les facteurs intrinsèques.

Nous ne traitons pas les facteurs extrinsèques socioculturels et géopolitiques du fait qu'ils ne représentent pas l'essence même de l'islam, bien qu'ils sont à prendre en compte sur le plan pratique dans le débat contemporain.

Nous nous focalisons sur les principales idées répondues à savoir:

  • L'islam serait nouvelle religion fondée par Mohammed (s)
  • L'islam prône la guerre et la violence
  • L'islam discrimine la femme et préconise la polygamie
  • L'islam est contre la liberté de croyance et préconise la peine d'apostasie
  • L'islam préconise la lapidation et les châtiments corporels

PRINCIPALES IDEES RECUES

1ère IR:L’islam serait une nouvelle religion fondée par Mohammed(s)

En réalité l’islam n’est pas une nouvelle religion, c’est une révélation en langue arabe de la religion originelle de Noé, d’Abraham, de Moise et de Jésus ainsi que tous les prophètes(s).

Ainsi l'islam se présente comme un retour à la religion d'Abraham (Ibrahim en arabe) du point de vue de la croyance, le Coran définit l’islam comme étant la voie d'Ibrahim (millata Ibrahim).

Dieu révèle à son serviteur:

"Menez pour Dieu le combat qui lui est dû. C'est Lui qui vous a élus sans vous imposer un fardeau dans la religion, la Tradition de votre père Abraham. C'est Lui qui vous a dénommés " Musulmans ", autrefois déjà, puis ici même(par cette révélation), afin que l'Envoyé(Mohammed) soit témoin contre vous et que vous soyez témoins contre les hommes. Accomplissez donc la prière, faites l'aumône, et attachez-vous fermement à Dieu : il est votre Maître, et quel excellent Maître, quel excellent Défenseur !(Coran 22 :78)

Dis : " Certes, Mon Seigneur m'a dirigé sur une voie droite, une religion immuable, la religion d'Abraham, un pur croyant (hanîf), qui ne fut pas un associateur ".(Coran 6: 161)

Dis : " Oui, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, le Seigneur des mondes ; Il n'a pas d'associé ! C'est cela qui m'a été ordonné, et je suis le premier des musulmans (ceux qui se sont soumis = muslimûn) ".(Coran 6:162-163)

Il dit également:

"O Gens du Livre, pourquoi disputez-vous au sujet de Abraham alors que la Torah et l'Evangile ne sont descendus qu'après lui ? (…) Abraham n'était ni juif ni chrétien, mais il était monothéiste musulman. Et il n'était pas polythéiste" (Coran 3:65-67)

" Souvenez-vous : lorsque son Seigneur éprouva Abraham par certains ordres et que celui-ci les eut accomplis, Dieu lui dit : " Je vais faire de toi un modèle pour les hommes. " " Et quoi de ma descendance ? " demanda Abraham. Le Seigneur répondit :" Mon alliance ne s'étend pas aux iniques "(2:124)

"Qui donc ressent de l'aversion pour la Religion d'Abraham, sinon celui qui s'égare dans la folie ? En vérité, Nous avons choisi Abraham en ce monde et, dans l'autre, il sera parmi les justes " (Coran 2:130)

NB/ La meilleure preuve que l'islam originel donné à Abraham et à Moïse n'a pas changé profondément, c'est la préservation du culte (Prière, Jeûne, Aumône...), l'exemple le plus frappant est celui de la prière comme en témoigne ces vidéos ci-dessous (pour plus d'infos sur les fondements scripturaires de ce culte dans la Bible et dans le Coran cliquer ici)

  

 


2ème IR: L'islam prône la guerre sainte et le terrorisme

Le Jihad est devenu un terme très médiatique, trop souvent improprement traduit par guère sainte, notion qui n'existe nul part dans le vocabulaire coranique. Le mot Jihad est dérivé de la racine JAHADA qui signifie le fait de fournir des efforts, œuvrer pour le bien, s'appliquer avec zèle, se consacrer ...mais en aucun cas le mot Jihad n'exprime le fait de faire le combat physique.

Les détracteurs de l'islam vont souvent sélectionner des versets coraniques ou même des portions de versets (écrites en rouge plus bas) pour faire valoir l'idée que l'islam est intrinsèquement violent et pour cause disent-ils, que le texte coranique renferme des appels à la guerre et au meurtre à l'encontre des non musulmans.

Cette lecture sélective est utilisée en premier lieu par les extrémistes musulmans eux mêmes, pour justifier leurs actions terroristes, les considérant comme l'application d'un ordre divin donné par Dieu dans le Coran en faisant abstraction de circonstances historiques ayant conduit les premiers musulmans à se défendre pour leur survie.

Par ailleurs, il est à souligner que cette mouvance radicale n'existait pas avant les années 80, le radicalisme est sans doute un projet fondé par la CIA, depuis que les américains ont aidé les Talibans contre les Russes, une aide matérielle, logistique et même sur le plan de la théorisation de l'extrémisme, notamment grâce au travaux de Saeyd Qotb qui a été formé aux USA, il y a même des indices qui montrent qu'il y avait des rapports entre les services de la CIA et l'organisation des frères musulmans dont le Médecin Ayman Al Zawahiri bras droit de Ben Laden, qui est devenu le numéro 1 d'Al-Qaïda actuellement.


   

Photo de gauche: Les Frères musulmans, dont Saïd Ramadan (à droite), reçus à la Maison Blanche en 1953.

Photo du milieu: Sayed Qotb, le fondateur du radicalisme musulman (ancien émigré USA)

Photo de droite: L’affiche d'un documentaire de la BBC qui démontre que Al-Qaïda est une construction de la CIA. Pour le voir cliquer ICI

Pour plus d'infos vous pouvez visiter : http://mai68.org/spip/spip.php?article2240


Les versets utilisés dans leur contexte historique

1-Le "Djihad" fait référence souvent à l'effort spirituel et parfois à la lutte armée

" Les Hommes pensent-ils vraiment que déclarer leur foi leur évitera d'être éprouvés ? Certes, Nous avons éprouvé leurs prédécesseurs afin de distinguer par la preuve le sincère du menteur. Que celui qui s'efforce (jahada) sur cette voie le fait pour lui-même ...(Coran 29 :2-3)

 " Quiconque  fait le jihad, mène un combat (jihad) contre sa propre âme ..." (Coran 29 :6)

" Quant à ceux qui fournissement un effort (jihad) de réflexion pour Nous et en Nous, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Dieu est en vérité avec les bienfaisants ... (Coran 29 :29)

2-La lutte armée par le combat physique pour se défendre s’appelle le Quittal

"Autorisation (de se défendre) est donnée à ceux qui sont attaqués - parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir(1) - (39) ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, - contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient: «Dieu est notre Seigneur». - Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué. Dieu soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Dieu est assurément Fort et Puissant,

( Coran 22 :39-40)

" Combattez (quattilou )dans le sentier de Dieu, ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes, Dieu n’aime pas les transgresseurs! (190)

Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d’où ils vous ont chassés: l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants(1). (191) S’ils cessent, Dieu est, certes, Pardonneur et Miséricordieux. (192) Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Dieu seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injuste. (Coran 2 :190-193)

" Et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) et place ta confiance en Dieu, car c’est Lui l’Audient, l’Omniscient. (61) Et s’ils veulent te tromper, alors Dieu te suffira. C’est Lui qui t’a soutenu par Son secours, ainsi que par (l’assistance) des croyants. (Coran 8 :61-62)


 3ème IR: L’islam permet la polygamie

La polygamie était une manière de vivre, avant que le Coran ne soit révélé.Elle était préconisée et pratiquée par les adeptes des Écritures précédentes, pratiquement tous les prophètes de la Bible étaient polygames :

Abraham  le patriarche avait deux épouses (Saraï, et agar) et une concubine (Kétoura) selon la Bible :Genèse 16.3 et chroniques 1.32

Jacob  avait pour épouses : Léa  l’ainée et Rachel la cadette, il avait également deux concubines, Zilpa servante de Léa et Bilha servante de Rachel selon (Gen 29, 21-30,Gen 30,1-26 et Gen 32,22)

Saul premier roi d’Israël avait aussi deux femmes, Achinoam et la fille d'Achimaats et deux concubines Ritspa et fille d'Ajja (2 Samuel 3,7 1 Samuel 14,49-50)

David le prophète roi d’Israël lui en avait 9 femmes voire  plus (Achinoam de Jizreel, Abigaïl de Carmel, Maaca fille de Talmaï, Haggith,Abithal,Egla,Mical, Bath-Shéba la femme d’Urie) voir 1 Samuel 25,42-43

Son fils Salomon détient le record de la polygamie, avec 700 femmes et 300 concubines (1000 femmes) selon 1 Rois 11,1-4 . Mais il est tout à fait claire pour toute personne ayant un minimum de bon sens, que ces chiffres sont exagérés, à l’évidence; l’idée des scribes serait de dire qu’il avait mille femmes.



Le Coran est venu mettre la première limite écrite à la polygamie et la décourager autant que possible.Le verset utilisé par les théologiens pour justifier la polygamie est le suivant :

Coran

4 :2

« Et donnez aux orphelins leurs biens; n’y substituez pas le mauvais au bon*. Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres: c’est vraiment un grand péché*

Et Si vous craignez de ne pas être équitables à l'égard des orphelins, épousez deux, trois ou quatre femmes parmi celles qui vous semblent bonnes

وَءَاتُواْ ٱلۡيَتَـٰمَىٰٓ أَمۡوَٲلَہُمۡ‌* وَلَا تَتَبَدَّلُواْ ٱلۡخَبِيثَ بِٱلطَّيِّبِ‌* وَلَا تَأۡكُلُوٓاْ أَمۡوَٲلَهُمۡ إِلَىٰٓ أَمۡوَٲلِكُمۡ‌* إِنَّهُ ۥ كَانَ حُوبً۬ا كَبِيرً۬ا

وَإِنۡ خِفۡتُمۡ أَلَّا تُقۡسِطُواْ فِى ٱلۡيَتَـٰمَىٰ فَٱنكِحُواْ مَا طَابَ لَكُم مِّنَ ٱلنِّسَآءِ مَثۡنَىٰ وَثُلَـٰثَ وَرُبَـٰعَ‌*

Coran 4 :3

Mais si vous craignez de n'être pas équitables [envers elles], n'en épousez qu'une, ou prenez femme parmi celles que possède votre main droite. Ainsi, il est plus probable que vous ne commettrez pas d'injustice ».

فَإِنۡ خِفۡتُمۡ أَلَّا تَعۡدِلُواْ فَوَٲحِدَةً أَوۡ مَا مَلَكَتۡ أَيۡمَـٰنُكُمۡ‌* ذَٲلِكَ أَدۡنَىٰٓ أَلَّا تَعُولُواْ

 


La plupart du temps les théologiens opèrent une lecture sélective sans respecter le contexte historique et textuel. Ainsi dire qu’ils lisent uniquement la partie écrite en bleu et omettent le reste des versets de la sourate notamment celui qui spécifié que la condition d’équité est presque impossible à atteindre dans le verset 129 de la même sourate qui stipule :


Coran

4 :129

Vous ne pouvez pas être parfaitement équitables à l'égard des femmes, même si vous en avez le désir (ardant).

Mais ne vous détournez pas totalement de l'une d'elles en la laissant comme en suspens. Si vous maintenez la concorde et si vous craignez Dieu, sachez qu'Il est pardonneur, clément 

وَلَن تَسۡتَطِيعُوٓاْ أَن تَعۡدِلُواْ بَيۡنَ ٱلنِّسَآءِ وَلَوۡ حَرَصۡتُمۡ‌* فَلَا تَمِيلُواْ ڪُلَّ ٱلۡمَيۡلِ فَتَذَرُوهَا كَٱلۡمُعَلَّقَةِ‌* وَإِن تُصۡلِحُواْ وَتَتَّقُواْ فَإِنَّ ٱللَّهَ كَانَ غَفُورً۬ا رَّحِيمً۬ا

 

 

 

On voit bien ici qu’il s’agit d’une solution proposée pour une situation particulière celle des femmes avec enfants à charges restées seules après une période de guerre.

Le motif de cette proposition ici est la bien-traitance des orphelins et non pas la multiplication des épouses pour le plaisir, comme en témoigne la condition qui est affichée dès le début du verset à savoir le cas des femmes avec enfants à charges et qui sont restées seules après une période de guerre.

Le coran emploie le mot orphelin selon l’usage des arabes pour désigner l’enfant qui perd l’un de ses parents, dans cette condition précise si les hommes craignent une situation difficile voir précaire pour ces femmes et leurs enfants devenus orphelins après la mort aux combats de leurs pères et qui de ce faite, n’arrivant plus à subvenir à leurs besoins dans une société patriarcale, la solution proposée à la société de l’époque par le Coran est de permettre un mariage polygame sous réserve de garantir une équité totale.

Ce mariage polygame pouvait en outre permettre d’accroitre la population de cette société islamique naissante qui était menacée de disparaitre. Comme nous le savons, une femme peut être enceinte une seule fois par an même si elle est mariée à quatre hommes, mais un homme peut avoir quatre enfants en même temps s’il est marié à quatre femmes.

 

4ème IR :L'islam oblige la femme de porter le voile

 

L'islam n'oblige pas les femmes à se couvrir la tête, le voile (Hijab حجاب) étant antérieur à la révélation du Coran. L'habitude de se couvrir la tête existait déjà en Arabie bien avant l'apparition de l'islam et s'explique surtout par des contacts avec des pays dans lesquels le voile était le signe d'un statut social dont le port remonte aux civilisations anciennes comme en témoignent les textes suivants:

 

La loi Assyrienne


Les femmes mariées […] qui sortent dans la rue n’auront pas leur tête découverte. Les filles d’hommes libres seront voilées. La concubine qui va dans les rues avec sa maîtresse sera voilée. La prostituée ne sera pas voilée, sa tête sera découverte. Qui voit une prostituée voilée l’arrêtera […]. Les femmes esclaves ne sont pas voilées et qui voit une esclave voilée l’arrêtera.

Loi assyrienne, attribuée au roi Téglath Phalazar 1er (1112-1047 av. J.-C.). Tablette A 40.

 

La genèse

 

Isaac était venu au désert du puits de Lahaî Roî, car il habitait au pays du Négeb. Or Isaac sortit pour se promener dans la campagne, à la tombée du soir, et, levant les yeux, il vit que des chameaux arrivaient. Et Rébecca, levant les yeux, vit Isaac. Elle sauta à bas du chameau et dit au serviteur :

"Quel est cet homme-là, qui vient dans la campagne à notre rencontre ?" Le serviteur répondit : "C’est mon maître" ; alors elle prit son voile et se couvrit. (Genèse, 25- 62-65)


Lettre aux corinthiens

 

Toute femme qui prie ou prophétise la tête dévoilée fait honte à sa tête, car c’est exactement comme si elle était rasée. En effet, si elle ne se voile pas, qu’elle se fasse tondre ; et si c’est une honte pour la femme d’être tondue ou rasée, qu’elle se voile. […]

Jugez-en par vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être voilée ?

La nature vous enseigne, n’est-ce pas, que pour un homme c’est déshonorant d’avoir les cheveux longs, et que pour une femme, c’est une gloire, car la chevelure lui a été donnée pour s’en draper. (Paul, Lettres aux Corinthiens, 11, VI, extraits)

 



Le meilleur vêtement selon le coran


 « O fils d'Adam ! Nous vous avons appris à confectionner des vêtements qui cachent votre nudité, ainsi que des parures ; mais le vêtement de la piété, celui-là est meilleur ! Ce sont là des signes de Dieu. Peut-être vont-ils réfléchir... » (7 : 26)

 

L’ordre coranique est seulement de couvrir la poitrine

Dieu ordonne aux femmes de couvrir leurs poitrines et non pas leurs cheveux chaque fois qu’elles s’habillent. Mais avant de citer 24 : 31, quelques précisions sont nécessaires afin de clarifier la signification de certains mots souvent employé pour désigner les vêtements féminins.

1°) Le voile « Hijab
حجاب» selon le Coran

« Hijab » est le terme utilisé dans les pays arabes pour décrire la coiffe que portent les femmes qui peut inclure ou non, le recouvrement de leurs visages excepté leurs yeux, et ou d’un seul œil.

Le mot arabe « Hijab » peut être traduit par voile ou châle. Les autres significations pour le mot « Hijab » comprennent, l’écran, le rideau, le drap, la cloison, la séparation.

Le mot « Hijab » apparaît dans le Coran 7 fois, cinq d’entre eux comme « Hijab » et deux fois comme « Hijaban
حجابان» 7 : 46, 33 : 53, 38 : 32, 41 : 5, 42 : 51, 17 : 45 et 19 : 17.

Aucun de ces mots « Hijab » ne sont utilisés dans le Coran en faisant référence à ce que les arabes appellent aujourd’hui « Hijab » en tant que mode vestimentaire pour la femme musulmane.

En somme le Hijab dans le Coran n’a rien à voir avec le mode vestimentaire des femmes musulmanes.

2°) Le voile selon les tradionnistes

La tradition de porter le voile par les femmes et la kippa par les hommes fut adoptée par les juifs qui l’inscrivirent dans le Talmud (équivalent juif des Hadiths musulmans (.

Ensuite les Chrétiens firent de même. Les femmes chrétiennes couvrent leurs têtes occasionnellement pour certains évènements religieux alors que les nones couvrent leurs têtes tout le temps.

 Chez les musulmans les traditionnistes adoptèrent et encouragèrent cette ancienne tradition et les attribuèrent au prophète que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui.

Dans certaines parties du monde, les hommes sont les seuls qui portent l’hijab alors que dans d’autres se sont les femmes à titre d’exemple chez les Touaregs au sud Algérien et alentours se sont les hommes qui portent « le foulard » plutôt que les femmes.

En somme le hijab n’est qu’un vêtement traditionnel et se saurait avoir le statut de vêtement obligatoire pour les femmes en l’Islam.


3°) Le mot « KHIMAR
خمار» dans le Coran

Le mot « Khimar » est cité dans le Coran dans le verset 24 : 31

Certains interprentent disent que ce verset contient le mot Hijab, ou coiffe, en désignant le mot khomorehinna خمورهن (de la racine du mot Khimar), en omettant que Dieu a déjà utilisé le mot Hijab, plusieurs fois dans le Coran.

De notre point de vue le mot « Khimar » dans ce verset n’a pas le sens de « Hijab » ou coiffe. Ceux qui définissent ce verset dans le sens de hijab ajoutent coiffe ou voile après le mot Khomoiehenna, et ceci habituellement entre parenthèse car ceci est leur addition au verset et pas le sens qui se dégage du contexte textuel.

Le verset 24 : 31:

Coran

24 :31

« Dis aux croyantes de baisser leurs regards, de préserver leur chasteté, de ne montrer de leurs ornements que ce qui en apparaît nécessairement, de rabattre leur khimar sur leur giron, de ne montrer leurs ornements qu'à leur époux, ou à leur père, ou au père de leur époux, ou à leurs fils, ou aux fils de leur époux, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou à leurs dames de compagnie, ou à leurs esclaves, ou à leurs serviteurs mâles incapables d'actes sexuels, ou aux garçons impubères indifférents à la nudité féminine ; [dis-leur encore] de ne pas frapper le sol avec leurs pieds pour laisser entendre qu'elles ont des parures cachées. Et revenez tous à Dieu, ô croyants ! Peut-être atteindrez-vous le bonheur... »

وَقُل لِّلۡمُؤۡمِنَـٰتِ يَغۡضُضۡنَ مِنۡ أَبۡصَـٰرِهِنَّ وَيَحۡفَظۡنَ فُرُوجَهُنَّ وَلَا يُبۡدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا مَا ظَهَرَ مِنۡهَا‌ۖ وَلۡيَضۡرِبۡنَ بِخُمُرِهِنَّ عَلَىٰ جُيُوبِہِنَّ‌ۖ وَلَا يُبۡدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا لِبُعُولَتِهِنَّ أَوۡ ءَابَآٮِٕهِنَّ أَوۡ ءَابَآءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوۡ أَبۡنَآٮِٕهِنَّ أَوۡ أَبۡنَآءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوۡ إِخۡوَٲنِهِنَّ أَوۡ بَنِىٓ إِخۡوَٲنِهِنَّ أَوۡ بَنِىٓ أَخَوَٲتِهِنَّ أَوۡ نِسَآٮِٕهِنَّ أَوۡ مَا مَلَكَتۡ أَيۡمَـٰنُهُنَّ أَوِ ٱلتَّـٰبِعِينَ غَيۡرِ أُوْلِى ٱلۡإِرۡبَةِ مِنَ ٱلرِّجَالِ أَوِ ٱلطِّفۡلِ ٱلَّذِينَ لَمۡ يَظۡهَرُواْ عَلَىٰ عَوۡرَٲتِ ٱلنِّسَآءِ‌ۖ وَلَا يَضۡرِبۡنَ بِأَرۡجُلِهِنَّ لِيُعۡلَمَ مَا يُخۡفِينَ مِن زِينَتِهِنَّ‌ۚ وَتُوبُوٓاْ إِلَى ٱللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَ ٱلۡمُؤۡمِنُونَ لَعَلَّكُمۡ تُفۡلِحُونَ

 

Maintenant voici la traduction traditionnelle couramment utilisée, où le mot voile a été mis tel quel, afin que le verset ressemble à  l’interprétation qui correspond à l’avis des traditionnistes :

 

La traduction traditionnelle avec le mot voile :

« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, » (24 : 31)

 
Le terme « Khimar » en arabe signifie couvrir, un rideau est un Khimar, une robe est un Khimar, une nappe qui couvre la table est un Khimar.

La plupart des traducteurs, influencés évidemment par les théologiens traduisent le mot par VOILE et induisent ainsi la plupart des gens en erreur pour qu’ils croient que ce verset préconise de se couvrir la tête.

Dans le verset 24 : 31, Dieu demande aux femmes d’utiliser ce qui les couvre (Khimar) (ce qui peut être une robe, une veste, un châle, une chemise, une blouse, un foulard etc.) pour couvrir leurs seins, et non pas leurs têtes ou leurs cheveux. Si Dieu voulait ordonner aux femmes de couvrir leurs têtes ou leurs cheveux il l’aurait mentionné explicitement.

 

4) Le mot arabe pour désigner poitrine = JAYB (جيب)

Il se trouve dans le verset 24 : 31, mais les mots arabes pour tête (R’as رأس ) ou Cheveux (Sh’ar شعر) ne figurent pas dans le verset.

Le commandement dans ce verset est de « couvrir la poitrine », mais les érudits suivis par la plupart des traducteurs le transforment en  « couvrez-vous la tête ou les cheveux » !.
Notez aussi l’expression en 24 : 31, « Elles ne devront pas révéler des parties de leurs corps, hormis ce qui en apparaît nécessairement. » Cette expression peut sembler vague pour beaucoup s’ils ne comprennent pas la miséricorde de Dieu.

Le terme utilisé ici ce,  est très général pour nous donner la possibilité de choisir, selon les circonstances où nous nous trouvons et selon le climat, la définition de « Ce qui est nécessaire ? »

La définition de ce terme ne devrait dépende d’aucune autorité en particulier.

Dieu donne le libre arbitre à chaque femme et personne ne peut prévaloir sur elle.

Les femmes qui suivent la vertu, n’auront aucun problème pour prendre la bonne décision de ne montrer que ce qui est nécessaire.

Le mot « zeenatahunna
زينتهن» dans ce verset fait référence aux parties du corps de la femme et non pas aux parures artificielles comme certains théologiens l’interprètent ou le traduisent. A la fin de ce verset, Dieu a demandé aux femmes de ne pas battre des pieds afin de montrer leur « zeenatahunna. » Battre des pieds tout en marchant peut remuer certaines parties du corps qui n’ont pas besoin d’être vues.

Enfin un point important à souligner, même si le voile n'est pas le sixième pilier de l'islam au même titre que la prière et l’aumône légale, il faut tout de même noter qu'il existe une tradition orale attribuée au prophète(s) transmise par une seule chaine de rapporteurs (hadith unique*) qui fait mention de conseils donnés par le prophète(s) à Asma(r) fille d'Abou Bakr(r); lui expliquant qu'elle ne devait laisser apparaître de son corps que son visage et ses mains. C'est sur cette base que les femmes musulmanes préfèrent se conformer aux conseils donnés par notre prophète que la paix et bénédiction de Dieu soient sur lui.

*Or Ce hadith unique est qualifié par les spécialistes comme état un "hadith Mursal" car il remonte uniquement à Aïcha(r), en effet il  a été rapporté par Aboû Dâoûd disant que: Aïcha (r) raconte qu'une fois, que sa sœur, Asma (r) entra chez le Prophète (s) avec des vêtements transparents. Le Prophète(s) se détourna d'elle et dit : "Ô Asma, quand la fille devient pubère, il ne convient pas de voir d'elle une autre partie que celles-ci (et il lui indiqua le visage et les mains)."

Ce hadith Mursal que Boukhari et Muslim n'ont pas jugé bon d'insérer dans leurs hadiths authentiques (sahihs), car il ne remplit pas la condition de continuité, étant donné que le narrateur n'a jamais vu la soeur de Aicha !

Ce hadith censé expliquer un verset de Coran (24 :31), sur un sujet à équivoque soit encore plus ambigu que le verset lui même.

Pourquoi ne pas nommer explicitement les parties à dévoiler? Pourquoi ce hadith n'est pas référencé par Boukhari et Muslim?

D'ailleurs c'est pour cette raison que ce hadith a été invlidé par le Wahhabite "Le Cheikh Ibn Outhymine" dans son argumentation sur le voile intégrale afin de s'opposer aux savants qui avancent ce hadith jugé laxiste ! car il permet à la femme de montrer son visage et ses mains !

En effet les Salafistes vont plus dans l’interdiction et préconisent le voile intégral en se basant sur d’autres hadiths jugés selon eux plus fiables.

Un autre argument, les ablutions des femmes avec les hommes

Selon la tradition, les femmes pouvaient faire leurs ablutions avec les hommes au temps du prophète(s) ce qui évoque d’une part la possibilité de la mixité en islam d’une part, et la possibilité aux femmes de montrer leurs cheveux et leurs avants bras lors des ablutions d’autre part.

Voyons maintenant les sources :

1-Dans l’authentique de Bukhari, Livre des ablutions, chapitre sur l'ablution de l'homme avec sa femme ( Hadith n° 193) dont voici le texte en arabe:

الصفحة الرئيسية » الحديث » صحيح البخاري » كتاب الوضوء » باب وضوء الرجل مع امرأته وفضل وضوء المرأة

حدثنا عبد الله بن يوسف قال أخبرنا مالك عن نافع عن عبد الله بن عمر أنه قال كان الرجال والنساء يتوضئون في زمان رسول الله صلى الله عليه وسلم جميعا



Voici le lien vers un site fiable et sérieux avec la chaine de transmission


Donc le Hadith est rapporté par Abedellah ibn Youssef d'après Malek selon Nafe'a d'après Abdellah ibn Omar disant que : "les hommes et les
femmes faisaient leurs ablution ensemble au temps du prophète(s) "

2-Le Hadith est aussi rapporté dans le Mouwata de Malek ibn Anas, dans Sunan Abou Dawoud et dans Ibn Khazima.

Dans le Mouwata de Malek, le texte est dans le chapitre sur la purification Chez l'imam Ibn Khazima dans son chapitre sur la permission donnée aux femmes et aux hommes d'utiliser la même casserole pour l'ablution.


Bien entendu, pour les savants de Hadith (qui ont réponse à tout), pour esquiver les difficultés liées à tel ou tel hadith, ils sont capables par des
jeux de mot de rendre acceptable même les hadiths les plus incroyables comme celui qui relate la vision de Dieu par notre prophète(s) sous la
forme d'un jeune homme imberbe !!! (chab amrad )

Alors un hadith comme celui là, sur les ablution; c'est un jeux d'enfant pour les Hadithistes, de lui trouver une interprétation du genre que ça été au début de l’islam et qu’il a été abrogé par la suite, sans apporter de preuve formelle


5ème IR: L’Islam autorise l’homme de battre sa femme

Le fameux verset réputé être à la base de légitimer la supériorité des hommes par rapport aux  femmes en islam et permettant ainsi des l’émergence de fatwas autorisant les hommes à corriger les femmes désobéissantes est le suivant :

Traduction littérale commune

 

ٱلرِّجَالُ قَوَّٲمُونَ عَلَى ٱلنِّسَآءِ بِمَا فَضَّلَ ٱللَّهُ بَعۡضَهُمۡ عَلَىٰ بَعۡضٍ۬ وَبِمَآ أَنفَقُواْ مِنۡ أَمۡوَٲلِهِمۡ‌* فَٱلصَّـٰلِحَـٰتُ قَـٰنِتَـٰتٌ حَـٰفِظَـٰتٌ۬ لِّلۡغَيۡبِ بِمَا حَفِظَ ٱللَّهُ‌* وَٱلَّـٰتِى تَخَافُونَ نُشُوزَهُنَّ فَعِظُوهُنَّ وَٱهۡجُرُوهُنَّ فِى ٱلۡمَضَاجِعِ وَٱضۡرِبُوهُنَّ‌* فَإِنۡ أَطَعۡنَڪُمۡ فَلَا تَبۡغُواْ عَلَيۡہِنَّ سَبِيلاً‌* إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلِيًّ۬ا ڪَبِيرً۬ا

Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs quAllah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses quils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant labsence de leurs époux, avec la protection dAllah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous delles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand 

Coran

4 :34

وَإِنۡ خِفۡتُمۡ شِقَاقَ بَيۡنِہِمَا فَٱبۡعَثُواْ حَكَمً۬ا مِّنۡ أَهۡلِهِۦ وَحَكَمً۬ا مِّنۡ أَهۡلِهَآ إِن يُرِيدَآ إِصۡلَـٰحً۬ا

يُوَفِّقِ ٱللَّهُ بَيۡنَہُمَآ‌إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلِيمًا خَبِيرً۬ا

Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l’entente entre eux. Allah est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur 

Coran

4 :35

 

Premièrement, concernant la soit disant supériorité des hommes sur les femmes

De prime abord, il faut soulever un problème de traduction بَعۡضَهُمۡ عَلَىٰ بَعۡضٍ۬  est injustement traduit part ceux-là sur celles-ci = ce qui signifie que les faveurs sont toujours du côté des hommes !

Pour une meilleure traduction de ce verset il aurait fallu traduire ce passage comme suit : en vertu des faveurs que Dieu a accordés aux uns par rapport aux autres ce qui nuance les faveurs dans les deux sens selon les attributions des uns et des autres, il ne s’agira plus d’une supériorité mais d’une différence de degré non pas de nature de part leurs responsabilités et leurs attributions.

 

Deuxièmement, concernant l’interprétation traditionnelle

Il est clair que si on prend le verset au sens littéral commun, surtout avec une mauvaise traduction  ce verset cite le verbe Frapper que les traditionniste essaient tant bien que mal de justifier en faisant appel à des traditions orales (hadiths), qui précisent que battre la femme ne serait autorisé qu’en dernier recours et de manière douce !!! avec un mouchoir ou un bâton de Siwak (brosse à dents) et interdiction de frapper sur le visage et zones sensibles !

 

)ضربا غير مبرح بسواك أو بمنديل ملفوف(

عن عطاء قال : قلت لابن عباس : ما الضرب غير المبرح ؟ قال : السواك وشبهه يضربها به ويحرم عليه ضرب الوجه والمقاتل . رواه ابن جرير 5/68 وانظر : الدر المنثور 2/ 523



Troisièmement, l'interprétation contextuelle

Nous suivons toujours la même méthode à savoir :

1) Scruter le coran à la recherche de la signification du terme Dharaba ((ظرب et ses dérivés pour savoir s’il est univoque n’ayant qu’un sens unique (frapper) ou s’il polysémique se prêtant à plusieurs interprétations en fonction du contexte.

2) Remettre le verset dans son contexte textuel par l’étude des versets avant et après

 

1) le sens du terme Dharaba((ظرب

 

Les mots dérivés du verbe dharaba sont polysémiques : ils peuvent signifier frapper, mais aussi voyager, donner, sortir, assourdir,…comme on va le voir dans les versets suivant :

 

Dharaba = Frapper


وإذ استسقى موسى لقومه فقلنا اضرب بعصاك الحجر فانفجرت منه اثنتا عشرة عينا قد علم كل أناس مشربهم كلوا واشربوا من رزق الله ولا تعثوا في الأرض مفسدين


Et [rappelez-vous], quand Moïse demanda de l'eau pour désaltérer son peuple, c'est alors que Nous dîmes : «Frappe le rocher avec ton bâton.» Et tout d'un coup, douze sources en jaillirent, et certes, chaque tribu sut où s'abreuver ! - «Mangez et buvez de ce qu'Allah vous accorde; et ne semez pas de troubles sur la terre comme des fauteurs de désordre

Coran

2 :60

ولو ترى إذ يتوفى الذين كفروا الملآئكة يضربون وجوههم وأدبارهم وذوقوا عذاب الحريق


Si tu voyais, lorsque les Anges arrachaient les âmes aux mécréants ! Ils les frappaient sur leurs visages et leurs derrières, (en disant) : «Goûtez au châtiment du Feu 

Coran

8 :50 et 47 :27

فقلنا اضربوه ببعضها كذلك يحيي الله الموتى ويريكم آياته لعلكم تعقلون


Nous dîmes donc : «Frappez le cadavre avec une partie de la vache». - Ainsi Allah ressuscite les morts et vous montre les signes (de Sa puissance) afin que vous raisonniez.

Coran

2 :73


Dharaba ≠ Frapper

Coran

39 :27

Nous avons, donné pour les gens dans ce Coran, toutes sortes d'exemples afin qu'ils se souviennent 

ولقد ضربنا للناس في هذا القرآن من كل مثل لعلهم يتذكرون

 

Coran 18 :11

Alors, Nous avons assourdi leur oreilles, dans la caverne pendant nombreuses années  

فضربنا على آذانهم في الكهف سنين عددا


Coran

73 :20

Ton Seigneur sait qu'il y aura parmi vous des malades, et d'autres qui parcourent le monde , en quête de la grâce d'Allah, et d'autres encore qui combattront dans le chemin d'Allah. Récitez-en donc ce qui [vous] sera possible... 

إن ربك يعلم أنك تقوم أدنى من ثلثي الليل ونصفه وثلثه وطائفة من الذين معك والله يقدر الليل والنهار علم أن لن تحصوه فتاب عليكم فاقرؤوا ما تيسر من القرآن علم أن سيكون منكم مرضى وآخرون يضربون في الأرض يبتغون من فضل الله وآخرون يقاتلون في سبيل الله فاقرؤوا ما تيسر منه وأقيموا الصلاة وآتوا الزكاة وأقرضوا الله قرضا حسنا وما تقدموا لأنفسكم من خير تجدوه عند الله هو خيرا وأعظم أجرا واستغفروا الله إن الله غفور رحيم

Coran

4 :94

« Ô croyants ! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d'Allah, voyez bien clair (ne vous hâtez pas) et ne dites pas à quiconque vous adresse le salut (de l'Islam) : «Tu n'es pas croyant», convoitant les biens de la vie d'ici-bas. Or c'est auprès d'Allah qu'il y a beaucoup de butin. C'est ainsi que vous étiez auparavant; puis Allah vous a accordé Sa grâce. Voyez donc bien clair. Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites 

يا أيها الذين آمنوا إذا ضربتم في سبيل الله فتبينوا ولا تقولوا لمن ألقى إليكم السلام لست مؤمنا تبتغون عرض الحياة الدنيا فعند الله مغانم كثيرة كذلك كنتم من قب ل فمن الله عليكم فتبينوا إن الله كان بما تعملون خبيرا

 

Coran

 

57 :13

Le jour où les hypocrites, hommes et femmes, diront à ceux qui croient : «Attendez que nous empruntions [un peu]: de votre lumières». Il sera dit : «Revenez en arrière, et cherchez de la lumière». C'est alors qu'on sépara entre eux par une muraille ayant une porte dont l'intérieur contient la miséricorde, et dont la face apparente a devant elle le châtiment

ويوم يقول المنافقون والمنافقات للذين آمنوا انظرونا نقتبس من نوركم قيل ارجعوا وراءكم فالتمسوا نورا فضرب بينهم بسور له باب باطنه فيه الرحمة وظاهره من قبله العذاب

 

 

 

2) le contexte textuel :

Le verset en arabe

 

ٱلرِّجَالُ قَوَّٲمُونَ عَلَى ٱلنِّسَآءِ بِمَا فَضَّلَ ٱللَّهُ بَعۡضَهُمۡ عَلَىٰ بَعۡضٍ۬ وَبِمَآ أَنفَقُواْ مِنۡ أَمۡوَٲلِهِمۡ‌ۚ فَٱلصَّـٰلِحَـٰتُ قَـٰنِتَـٰتٌ حَـٰفِظَـٰتٌ۬ لِّلۡغَيۡبِ بِمَا حَفِظَ ٱللَّهُ‌ۚ وَٱلَّـٰتِى تَخَافُونَ نُشُوزَهُنَّ فَعِظُوهُنَّ وَٱهۡجُرُوهُنَّ فِى ٱلۡمَضَاجِعِ وَٱضۡرِبُوهُنَّ‌ۖ فَإِنۡ أَطَعۡنَڪُمۡ فَلَا تَبۡغُواْ عَلَيۡہِنَّ سَبِيلاً‌ۗ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلِيًّ۬ا ڪَبِيرً۬ا () وَإِنۡ خِفۡتُمۡ شِقَاقَ بَيۡنِہِمَا فَٱبۡعَثُواْ حَكَمً۬ا مِّنۡ أَهۡلِهِۦ وَحَكَمً۬ا مِّنۡ أَهۡلِهَآ إِن يُرِيدَآ إِصۡلَـٰحً۬ا

يُوَفِّقِ ٱللَّهُ بَيۡنَہُمَآ‌إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلِيمًا خَبِيرً۬ا ()

Traduction selon le contexte (Coran 4:34-35)

 « Les hommes ont la charge des femmes, en vertu des faveurs qu’Allah a accordés aux uns par rapport aux autres, et à cause des biens qu'ils dépensent [pour elles]. Ainsi, les femmes vertueuses sont obéissantes et préservent dans le secret ce que Dieu veut préserver. Celles dont vous craignez la mauvaise conduite         admonestez-les, faites lits à part si non se séparer d'elles. Mais si elles vous obéissent, ne leur cherchez plus noise. Allah, certes, est sublime, infiniment grand »(34).

 

« Et si vous craignez la séparation définitive entre les conjoints, appelez un arbitre de la famille de l'époux, et un arbitre de la famille de l'épouse. Si les époux veulent se réconcilier, Dieu rétablira la bonne entente entre eux. Allah est omniscient et Parfaitement Connaisseur ». (35)

 

6ème IR: Le témoignage de la femme serait inferieur à celui de l'homme


Le témoignage d’une femme est équivalent au témoignage d’un homme, excepté dans un seul cas, les transactions financières.

« O vous qui croyez ! Lorsque vous contractez une dette payable à une échéance déterminée, consignez-la par écrit. Qu'un scribe la transcrive fidèlement entre vous. Qu'aucun scribe ne refuse d'écrire de la façon que Dieu lui a enseignée. Qu'il écrive donc ce que dicte le débiteur et que celui-ci craigne son Seigneur et ne retranche rien de la dette. Si le débiteur est sot ou débile, ou s'il n'est pas en état de dicter lui-même, que son représentant dicte à sa place en toute honnêteté.

Prenez deux témoins parmi vos hommes, et si vous ne trouvez pas deux hommes, prenez un homme et deux femmes, parmi celles que vous pouvez agréer comme témoins. En sorte que si l'une des deux femmes vient à s'égarer, l'autre l'aide à retrouver la mémoire. Que les témoins ne se dérobent pas lorsqu'ils sont appelés. Ne soyez pas rebutés par le fait d'avoir à consigner une dette par écrit, qu'elle soit petite ou grande, en indiquant son échéance. Cette façon d'agir est la plus juste devant Dieu, elle donne plus de force au témoignage et elle est la plus propre à vous éviter des doutes ; à moins cependant qu'il s'agisse d'une transaction commerciale passée entre vous et immédiatement exécutable, auquel cas il ne vous incombe aucune faute si vous ne l'inscrivez pas. Prenez des témoins lorsque vous vous livrez à des transactions. Que ni le scribe ni le témoin ne soient molestés. Si vous le faisiez, ce serait de la perversité de votre part. Craignez Dieu, et Dieu vous instruira ! Dieu connaît toute chose. » (Coran 2 : 282)

La transaction financière est la SEULE situation où deux femmes peuvent substituer un homme en tant que témoins. C’est pour se prémunir de la possibilité rare mais réelle qu’un des témoins épouse l’autre témoin et donc l’influencer dans l’intérêt du couple au détriment du contrat initial.

Le témoignage d’une femme en toute autre circonstance est équivalent à celui d’un homme et le supplante même dans le cas d’une femme témoignant contre son accusation d’adultère.

 

« Quant à ceux qui accusent leurs épouses sans avoir d'autres témoins qu'eux-mêmes, le témoignage de chacun d'eux consistera à témoigner quatre fois devant Dieu qu'ils sont véridiques* et une cinquième fois pour appeler sur eux-mêmes la malédiction de Dieu s'ils ont proféré un mensonge.*

On détournera le châtiment de la femme si elle prend quatre fois Dieu à témoin que son accusateur a menti* et la cinquième fois appelle sur elle-même la colère de Dieu si le mari a dit vrai.* C'est là un effet de la grâce de Dieu et de Sa Miséricorde à votre égard, de Dieu qui accepte le repentir, qui est juste
» (Coran 24 : 6-10)

 

7ème IR: L'islam prescrit la peine de la lapidation

Cette peine capitale barbare n'est pas une prescription coranique, le saint Coran, n'en fait même pas allusion à cette pratique qui repose sur deux fondements extra coraniques:

1- La doctrine de l'abrogation (cliquer ici pour en savoir plus), c'est une doctrine forgée par les docteurs de la foi pour concilier les apparentes contradictions des versets, elle est basée sur une mauvaise interprétation des certains versets et sur des traditions orales non fiables.

Les versets coraniques qui traitent de la peine d'adultère

-Voici une sourate que Nous avons fait descendre en y formulant des obligations, et dans laquelle Nous avons révélé des signes évidents afin que vous puissiez réfléchir.

-La fornicatrice et le fornicateur, frappez chacun d'eux de
cent coups de fouet. Que la compassion ne vous détourne pas d'appliquer la Loi divine, si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. Qu'un groupe de croyants soit témoin de leur châtiment

-Le fornicateur n'épousera qu'une fornicatrice ou une associatrice, et la fornicatrice n'épousera qu'un fornicateur ou un associateur. Une telle union est interdite aux croyants.[24:3]

-Ceux qui accusent les femmes honnêtes sans pouvoir produire
quatre témoins, punissez-les de quatre-vingts coups de fouet et n'acceptez plus jamais leur témoignage : ceux-là sont des pervers, à l'exception de ceux qui, par la suite, se repentent et se réforment. Dieu est, en vérité pardonneur, clément.

-Quant à ceux qui accusent leurs épouses sans avoir d'autres témoins qu'eux-mêmes, le témoignage de chacun d'eux consistera à témoigner quatre fois devant Dieu qu'ils sont véridiques, et une cinquième fois pour appeler sur eux-mêmes la malédiction de Dieu s'ils ont proféré un mensonge.

-On détournera le châtiment de la femme si elle prend quatre fois Dieu à témoin que son accusateur a menti, et la cinquième fois appelle sur elle-même la colère de Dieu si le mari a dit vrai.

-C'est là un effet de la grâce de Dieu et de Sa Miséricorde à votre égard, de Dieu qui accepte le repentir, qui est juste.[Coran 24:1-10]

L'adultère concerne toute relation sexuelle en dehors du mariage, qui place le plaisir  charnel devant la  cohésion familiale et la possibilité de donner la vie. Ce genre de relation est réprouvé par l’Islam comme les autres religions révélées.

L'islam exige via la révélation coranique, quatre témoins dont le témoignage est concordant afin d'établir la réalité de l’adultère (Coran4 :15) avant de prononcer la sanction légale prescrite par le coran à savoir cent coups de fouets(Coran 24:2).

La législation coranique est extrêmement exigeante, si l’un des quatre témoins venait à contredire les trois autres ou émettait un doute sur la réalité de l’adultère, alors il convient d’inculper les trois autres témoins pour « faux témoignage » et ils s’exposent à quatre-vingts coups de fouet si un seul sur les quatre mettait en doute leur témoignage !

De la même manière, celui ou celle qui accuse son époux ou son épouse d’adultère sans pouvoir faire témoigner quatre personnes s’expose à la même sentence coran (24:2).

Lorsqu’une femme accuse son mari d’adultère (ou inversement , sans pouvoir fournir les quatre témoins, il lui reste la possibilité de jurer par quatre fois de suite devant Dieu et devant un juge de la véracité de son accusation et d’appeler sur lui à la cinquième reprise la malédiction divine s’il ment. coran (24:6 et 7).

A son tour, la personne accusée jure par quatre fois successives devant Dieu et devant un juge de sa sincérité et une cinquième fois en appelant sur elle la malédiction divine si elle ment , Coran24:(8-9). Cette personne ne fait pas ainsi la preuve définitive de son innocence, mais exprime de cette manière sa bonne foi. Elle indique aussi au juge que la vie de couple est devenue impossible puisque la confiance est rompue; le juge prononce alors le divorce sur le champ.

Donc à la lumière des versets 1 à 9 de la sourate 4 (ci-desssus) on peut aisément comprendre que le coran ne prévoit pas de lapidation même pour l'homme ou la femme mariée qui commet l'adultère (verset 7,8 et 9) et qu'il faut quatre témoins pour appliquer la sanction de cent fouet.

Dire que l'islam préconise la lapidation revient à accuser Dieu d'avoir omis de mentionner cette peine dans le coran, qui consacre plusieurs versets clairs et détaillés sur cette question.

2-Les Hadiths attribués au prophète(s) qui décrivent des évènements survenus avant la révélation

Le fait que les hadiths justifiant la peine de la lapidation sont rapportés dans les livres de Boukhari et Mouslim (jugés authentiques) ne les mis hors du doute et surtout pas au même pied d'égalité avec le Saint coran.

Par ailleurs dans ces même recueils il existe des narration jetant le doute sur la chronologie de l'application de la lapidation, c'est à dire était-elle avant ou après la révélation de la sourate 24 ?

Dans l'hypothèse où ces hadiths sont vraiment authentiques (et j'ai un doute), il faut savoir que le prophète (sws) adoptait deux attitudes vis à vis des questions qui n'ont pas fait encore l'objet de révélation coranique:

Première attitude: ne rien dire et ne rien faire et attendre la révélation, c'est le cas le plus fréquent comme je l'ai est bien démontré dans mon article que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien.

Deuxième attitude: faire selon la pratique des gens du livre comme en témoigne entre autre, le Hadith rapporté par Boukhari:

Le Hadith n° 3558 rapporté par Boukhari précise que le prophète(s) aimait se conformer à la pratique des gens du livre en l’absence de révélation coranique, voici le hadith en arabe

عَنْ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَسْدِلُ شَعَرَهُ وَكَانَ الْمُشْرِكُونَ يَفْرُقُونَ رُءُوسَهُمْ فَكَانَ أَهْلُ الْكِتَابِ يَسْدِلُونَ رُءُوسَهُمْ وَكَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُحِبُّ مُوَافَقَةَ أَهْلِ الْكِتَابِ فِيمَا لَمْ يُؤْمَرْ فِيهِ بِشَيْءٍ ثُمَّ فَرَقَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَأْسَهُ * رواه البخاري 3558

Exemples : La lapidation et la direction pendant la prière vers Jérusalem

Dans ces deux situations le coran est venu par la suite abroger certains décrets de la thorah en changeant la direction de prière par exemple et en préconisant 100 coups de fouets pour l'adultère en lieux et place de la lapidation hébraïque.

Malheureusement certains musulmans et parmi lesquels des spécialistes en islamologie,  pensent toujours que la lapidation est une législation islamique ! alors qu'elle a été abrogée par la sourate 24.

La raison est que les adapètes des Hadiths n’ont pas fait attention à une narration (Réf 2) qui précise le doute chez certains compagnons se posant la question ; si le prophète(s) avait lapider avant ou après la révélation de la sourate ( La Lumière) qui instaura la véritable peine pour adultère.

Réf 2 :Le Hadiths n°2498 du Sahih Al Bourkhari précise que Khaled al chibanny a posé une question au  compagnon Abdallah ibn aby Awfa: le prophète(sws) avait-il lapider avant ou après la sourate de la lumière ? Il lui a répondu qu’il ne savait pas exactement !, voici le hadith en arabe

حدثني إسحاق حدثنا خالد عن الشيباني سألت عبد الله بن أبي أوفى هل رجم  رسول الله  صلى الله عليه وسلم  قال نعم قلت قبل سورة النور أم بعد قال لا أدري صحيح البخاري  ج: 6 ص: 2498

L'ISLAM ET LA LIBERTE DE CROYANCE

L'islam préconise-t-il la peine de mort pour apostasie ?

Analyse du Cheikh Djamel Al BANNA

Le Coran fait allusion dans un certain nombre de versets à l’apostasie. Par exemple : « Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 217) ; « Ô les croyants ! Si vous obéissez à ceux qui ne croient pas, il vous feront retourner en arrière. Et vous redeviendrez perdants. » (sourate 3 intitulée la Famille d’Amram, Âl `Imrân, verset 149) ; « Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Dieu fera alors venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime. » (sourate 5 intitulée la Table servie, Al-Mâ’idah, verset 54) ; « Ceux qui sont revenus sur leurs pas après que le droit chemin leur a été clairement exposé, le Diable les a séduits et trompés. » (sourate 47 intitulée Muhammad, verset 25).

Il existe également d’autres versets n’ayant pas employé le verbe « apostasier » mais qui en contiennent le sens, comme par exemple : « Quiconque a renié Dieu après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur coeur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une Colère de Dieu et ils ont un châtiment terrible. » (sourate 16 intitulée les Abeilles, An-Nahl, verset 106) ; « Dieu a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnera la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnera force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changera leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien et celui qui mécroit par la suite, ce sont ceux-là les pervers. » (sourate 24 intitulée la Lumière, An-Nûr, verset 55).

Tous ces versets font clairement allusion à l’apostasie après l’Islam. Pourtant, aucun d’entre eux ne fait la moindre allusion à un châtiment terrestre ou à une sanction pénale que devrait subir l’apostat, contrairement à la sanction du meurtrier ou du voleur. Dans le cas présent, la sanction terrible et effrayante est la Colère de Dieu.

Cette interprétation est celle qui correspond au mieux à l’esprit même du Coran et des nombreux autres textes fondateurs. Cet esprit fonde en effet la foi et la croyance sur la conviction de l’individu et sur sa guidance sans contrainte ni pression extérieure. Il fonde la foi et la croyance sur la liberté de choix la plus totale, exprimée par le passage coranique suivant : « Quiconque le veut, qu’il croie, et quiconque le veut qu’il mécroie. » (sourate 18 intitulée la Caverne, Al-Kahf, verset 29).

En ceci - j’entends par-là ce texte explicite, ainsi que les nombreux autres versets qui ont entériné la liberté de conscience -, il y a une preuve convaincante sur la position à adopter face à l’apostat. Néanmoins, certains juristes ont négligé la portée de ces textes explicites et clairs, sous prétexte qu’il existait des preuves tirées de la Sunnah.

Exemples de positions adoptées par la jurisprudence classique face à la question de l’apostasie

Afin d’illustrer la manière dont les juristes ont traité cette question délicate, nous rapporterons ici deux opinions tirées de notre héritage jurisprudentiel ancien et contemporain.

  1. Ibn Rushd (Averroès) dit dans son livre Bidâyat Al-Mujtahid wa Nihâyat Al-Muqtasid, dans le paragraphe dédié au « jugement de l’apostat » : « Si on saisit l’apostat avant qu’il ne soit entré en guerre contre les Musulmans, alors les juristes sont communément d’avis pour dire qu’il doit être tué, conformément au hadith du Prophète : « Quiconque change sa religion, tuez-le. » » (rapporté par l’ensemble des compilateurs de hadiths sauf Muslim). Les juristes ont néanmoins divergé sur l’exécution de la femme et sur le fait de savoir si on doit lui demander la repentance ou non. La majorité de ces juristes sont d’avis que la femme doit être tuée, comme l’homme. Abû Hanîfah est cependant d’avis qu’elle n’a pas à être tuée, et qu’elle est à considérer au même titre que la mécréante d’origine. La majorité des juristes se sont appuyés dans leur avis sur la formulation générale du hadith. Certains d’entre eux se sont néanmoins fourvoyés en prétendant qu’elle devait être tuée même si elle se reconvertit à l’Islam. Quant à la demande de repentance de l’apostat, Mâlik l’exige avant l’exécution, conformément à ce qu’il a rapporté au sujet de `Umar. D’autres personnes sont d’avis que cette repentance n’est pas acceptée. Dans le cas où l’apostat entre en guerre contre les Musulmans puis que ceux-ci se saisissent de lui, alors il doit être tué par application de la hirâbah [1] et on ne lui demande pas la repentance, que la guerre qu’il a menée contre les Musulmans ait eu lieu en terre d’Islam (dâr al-islâm) ou après qu’il a rejoint la terre de guerre (dâr al-harb) [2], à moins qu’il ne se reconvertisse de lui-même à l’Islam.

  2. Le Sheikh Mahmûd Shaltût dit dans son livre Al-Islâm `Aqîdah wa Sharî`ah (L’Islam : une foi et une loi), dans le paragraphe dédié à « la sanction de l’agression de la religion par l’apostasie » : « L’agression de la religion par l’apostasie a lieu lorsqu’on renie de la religion ce qui en est nécessairement connu [3], ou lorsqu’on s’emploie à railler et à dénigrer la religion. Le Coran parle de ce crime dans le verset suivant : « Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement. » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 217). Comme on le voit, ce verset ne parle pas plus que d’une annulation de toutes les bonnes actions et d’une rétribution, dans l’Au-delà, d’un Enfer éternel. »

Quant à la sanction terrestre pour ce crime, les juristes la justifient par un hadith narré par Ibn `Abbâs - que Dieu les agrée tous deux - dans lequel il dit : « Le Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - dit : « Quiconque change sa religion, tuez-le. » » (rapporté par l’ensemble des compilateurs de hadiths sauf Muslim).

Problèmes posés par le hadith d’Ibn `Abbâs

Si on analyse le hadith d’Ibn `Abbâs - que Dieu les agrée tous deux -, on remarque qu’il pose de multiples problèmes. En effet, concerne-t-il celui qui change sa religion parmi les Musulmans uniquement, ou bien s’étend-il également au Juif qui se christianise par exemple ?

La formulation générale du hadith englobe-t-elle aussi bien l’homme que la femme, de sorte que la femme doit également être tuée si elle apostasie, ou bien le hadith ne concerne-t-il que les hommes, la femme n’ayant pas à être tuée ?

Le Sheikh Mahmûd Shaltût explique : « Le point de vue qu’on porte sur cette question peut être modifié. On a remarqué en effet qu’un grand nombre de savants estiment que les sanctions pénales ne sont pas justifiables par les hadiths n’ayant pas bénéficié d’une large transmission (hadîth âhâd). Par ailleurs, la mécréance en elle-même ne légitime pas la mise à mort. Ce qui légitime la mise à mort, c’est l’entrée en guerre contre les Musulmans, leur agression et la volonté de les détourner de leur religion. Une étude littérale des nombreux versets du Noble Coran montre qu’il est interdit de contraindre quelqu’un à la religion. Le Très Haut dit : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 256) ; « Est- ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? » (sourate 10 intitulée Jonas, Yûnus, verset 99). »

Le Sheikh `Abd Al-Muta`âl As-Sa`îdî dit dans son livre Hurriyyat Al-Fikr fil-Islâm (La Liberté de pensée en Islam), après avoir énuméré les versets coraniques traitant de la question, et après avoir fait état de la tolérance que le Prophète - paix et bénédiction sur lui - affichait vis-à-vis des hypocrites : « Si, après tout cela, on nous présente des hadiths n’ayant pas bénéficié d’une large transmission et qui indiquent que l’apostat doit être tué, alors ou bien nous ne les acceptons pas - car les hadiths n’ayant pas bénéficié d’une large transmission ne sont pas considérés comme un argument valable au niveau des questions fondamentales touchant à la foi, tout en sachant que l’exécution de l’apostat pour avoir modifié ses croyances entre dans le cadre de ces questions fondamentales, non dans le cadre des questions secondaires -, ou bien nous considérons que ces hadiths concernent l’apostat qui entre en guerre contre les Musulmans. Les Musulmans étaient en effet, à l’époque du Prophète - paix et bénédiction sur lui -, en état de guerre. Celui qui apostasiait de l’Islam ne se contentait pas de rester chez lui : il rejoignait les ennemis de l’Islam et combattait dans leurs rangs. Ainsi, l’ordre donné par le Prophète d’exécuter ces apostats était dû non pas à leur apostasie mais bel et bien à leur entrée en guerre contre les Musulmans. Ceci est corroboré par le fait que le Prophète n’ordonna pas d’exécuter les hypocrites qui apostasièrent pourtant de l’Islam. En effet, ceux-là ne prirent pas part au combat contre les Musulmans. Bien au contraire, il leur arrivait parfois de combattre à leurs côtés. En outre, on ne peut pas dire que le Prophète n’était pas au courant de leur apostasie, car il connaissait parfaitement l’hypocrisie d’un grand nombre d’entre eux. On en déduit alors que la distinction entre les apostats opérée par le Prophète s’explique par leur participation ou non au combat contre les Musulmans. Celui qui porte les armes après avoir apostasié doit être tué. Celui qui ne porte pas les armes n’est ni combattu ni tué. Nous pensons que cet avis est celui qui concilie au mieux les divergences des juristes sur cette question. »

En outre, les avis concernant l’apostat sont extrêmement nombreux. Ibn Hazm les a énumérés dans son livre Al-Muhallâ : « Toute personne ayant été incontestablement musulmane, n’ayant eu aucune autre religion en dehors de l’Islam, puis qui se rend coupable d’apostasie de l’Islam, se convertissant à une religion scripturaire ou non scripturaire ou encore à l’athéisme, fait l’objet d’un jugement au sujet duquel les gens ont divergé. Certains pensent qu’on ne lui demande pas la repentance. D’autres sont d’avis qu’on doit lui demander la repentance. Certains ont distingué celui qui naît au sein de l’Islam puis qui apostasie de celui qui se convertit à l’Islam après la mécréance puis qui apostasie. » Ibn Hazm précise ensuite que ceux qui sont d’avis qu’on ne demande pas à l’apostat la repentance se subdivisent en deux parties. La première pense que l’apostat doit être tué, qu’il se soit repenti ou non, qu’il se soit reconverti à l’Islam ou non. La seconde pense que s’il se repent de lui-même, sa repentance est acceptée et il n’a plus à être exécuté. Si, au contraire, il ne se repent pas, alors il doit être exécuté. Quant à ceux qui sont d’avis qu’on doit demander la repentance à l’apostat, ils se subdivisent en plusieurs parties. La première pense qu’on doit lui demander une fois la repentance. Ou bien il s’exécute ou bien il est exécuté. La deuxième pense qu’on doit lui demander trois fois la repentance. Ou bien il s’exécute ou bien il est exécuté. La troisième pense qu’on doit lui demander la repentance pendant un mois. Ou bien il s’exécute ou bien il est exécuté. La quatrième pense qu’on doit lui demander cent fois la repentance. Ou bien il s’exécute ou bien il est exécuté. La dernière pense qu’on doit lui demander la repentance aussi longtemps qu’il vivra et qu’il n’a pas à être exécuté.

Parmi ceux qui ont établi une distinction entre l’apostat qui dissimule son apostasie et celui qui la déclare ouvertement, les uns sont d’avis que celui qui la dissimule doit être tué sans qu’on lui demande la repentance et sans qu’on ne l’accepte de lui. Quant à celui qui déclare ouvertement son apostasie, sa repentance sera acceptée. D’autres pensent qu’il n’y a aucune différence entre celui qui dissimule son apostasie et celui qui la déclare. Parmi ces derniers, les uns estiment que la repentance de celui qui dissimule son apostasie est également acceptée alors que d’autres disent que la repentance n’est acceptée ni de celui qui dissimule son apostasie ni de celui qui la déclare.

Toutes ces opinions dont foisonne notre héritage jurisprudentiel montrent à quel point ont régné la confusion, la multiplicité des positions, les oppositions, les dissidences et les divergences concernant la question de l’apostasie. Ces juristes auraient pu éviter tout cela et se tourner vers une deuxième possibilité, car cette question n’admet pas de polémique... Elle n’admet qu’une seule réponse.

Une règle d’or : pas d’intervention de l’autorité dans la conscience de l’individu

L’avis sur lequel nous désirons insister ici est que toute intervention de l’autorité - sous quelque appellation qu’elle soit, et quelle que soit la forme qu’elle prend - entre l’individu et sa conscience est définitivement rejetée. La foi doit être en effet fondée sur la liberté individuelle et sur la sérénité du cœur. Nos arguments sont les suivants :

  1. Le Noble Coran mentionne l’apostasie de manière explicite dans plus d’un verset, sans pour autant y fixer une sanction terrestre. Et s’il le voulait, il l’aurait fait.

  2. Le Noble Coran montre - de manière indubitable, dans des centaines de versets, par rapport à toutes les dimensions de la question de la foi - que la source première et le fondement de cette foi est le cœur et la volonté. Il affirme que même les Prophètes n’ont pas à contraindre les gens à la foi, qu’il n’y a nulle contrainte en religion et que croie qui veut et mécroie qui veut.

  3. Lorsque le Noble Coran entérine la liberté de conscience, il ne fait en réalité qu’entériner un principe fondamental, inéluctable d’après la nature même des choses, d’après les principes généraux de la vie, et d’après ce que dicte la raison et la logique. Si le Coran n’avait pas entériné ce principe, ce dernier se serait imposé de lui-même sur la société par pur souci d’objectivité. Du fait que ce principe constitue l’une des règles que Dieu - Exalté soit-Il - a posées pour l’établissement de sociétés humaines, les législations célestes n’étaient pas venues le contredire ; bien au contraire, elles étaient venues l’entériner.

  4. On n’a pas rapporté que le Prophète - paix et bénédiction sur lui - a tué un apostat uniquement pour son apostasie, malgré le nombre conséquent d’hypocrites qui avaient renié l’Islam après y avoir cru.

  5. Nous ne rejetons pas un hadith simplement parce qu’il n’a pas bénéficié d’une large transmission. Nous respectons et nous nous inclinons devant tout hadith reconnu pour son authenticité. Néanmoins, afin de l’appliquer en tant que principe général, il nous faut être extrêmement prudents, il faut saisir toutes les circonstances de ce hadith et nous devons nous assurer qu’il a été rapporté à la lettre près, et non uniquement d’après son sens. Nous ne pouvons nous permettre de verser le sang ou d’entraver les libertés alors qu’il existe une probabilité non nulle que le hadith a été rapporté d’après son sens. Adopter une telle méthodologie dans la narration du hadith peut en effet altérer ce dernier. En outre, il nous faut analyser toutes les circonstances au cours desquelles le hadith fut prononcé, ce qui nous permettra de savoir s’il s’agit d’une directive particulière ou d’une directive générale. Tous ces doutes ne sauraient être négligés, et il suffirait de bien moins que cela pour ne pas appliquer une sanction pénale prévue par le Coran sur un individu donné. Comment pourrions-nous alors accepter un principe général qui s’appliquerait sur tous avec la présence de doutes aussi forts ?

  6. L’idée de l’apostasie s’accompagnait, au temps du Prophète - paix et bénédiction sur lui -, de l’inimitié envers l’Islam et de la guerre contre lui. Celui qui croyait s’activait à le défendre et celui qui apostasiait s’activait à le combattre, en rejoignant les idolâtres, comme cela fut le cas par exemple de `Abd Allâh Ibn Sa`d Ibn Abî Sarh. Ce dernier s’était en effet converti à l’Islam, puis avait apostasié. Il se mit alors à rassembler la tribu de Quraysh contre le Prophète - paix et bénédiction sur lui. Le Prophète le condamna à mort par contumace. Lors de la conquête de la Mecque, l’apostat se réfugia chez `Uthmân Ibn `Affân, qui était son frère de lait. `Uthmân le couvrit chez lui jusqu’à ce que les choses se calmassent à la Mecque, après quoi il l’amena devant le Prophète, lui demandant de lui octroyer sa protection. Le Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - se tut alors pendant un long moment, avant de lui octroyer sa protection. L’apostat finit par se reconvertir à l’Islam.

Un exemple historique et un exemple contemporain

L’exemple d’apostasie le plus célèbre dans l’histoire de l’Islam est celui de l’apostasie des tribus arabes après la mort du Prophète - paix et bénédiction sur lui. L’apostasie de ces tribus était due en réalité au refus de ces dernières de payer l’aumône légale purificatrice (zakâh). C’est alors que Abû Bakr prononça sa célèbre sentence : « Par Dieu, s’ils refusent de me faire parvenir ne fût-ce qu’une ficelle qu’ils donnaient au Prophète - paix et bénédiction sur lui -, je les combattrai jusqu’à ce qu’ils s’en acquittent. » Encore plus explicite est son autre sentence concernant ceux qui établiraient une distinction entre la prière et l’aumône légale purificatrice. L’apostasie de ces tribus relevait donc plus d’une apostasie politique que d’une apostasie religieuse, au sens où nous l’entendons. C’est pour cette raison que les livres de jurisprudence ne s’appuient pas sur cette décision de Abû Bakr pour justifier l’exécution de l’apostat.

Quant à l’idée d’une apostasie en tant que simple expression de la liberté de conscience, elle était fort peu probable à cette époque. C’est à partir de cette remarque que même les juristes ont établi une distinction entre l’arrestation de l’apostat avant qu’il ne déclare la guerre ou après.

Ceux qui ont eu à traiter cette question à notre époque auraient dû s’apercevoir de ce point. S’ils veulent appliquer une sanction, alors cette sanction doit concerner l’apostat qui déclare la guerre ou qui trahit sa patrie. Le crime commis devient dès lors le crime de Haute Trahison et non d’apostasie.

Les avis des juristes auraient dû observer cette limite fixée par les versets du Coran. Or, sur ce point, ils ont commis un abus en négligeant l’essence de l’Islam, lequel abus ne trouve aucune justification.

Il existe un cas contemporain concret illustrant cela. Le quotidien égyptien Al-Ahrâm nous a fait savoir le 6 juillet 1977 que le Conseil d’Etat avait approuvé un projet de loi visant à rétablir la peine de l’apostasie. Cette loi stipulait l’exécution de l’apostat qui reniait l’Islam de son propre gré par une parole explicite ou par un acte sans équivoque. Cette même loi condamnait également à dix ans de prison ferme celui qui apostasiait plus d’une fois puis se reconvertissait à l’Islam. Cette même loi prévoyait enfin des sanctions répressives pour l’apostat mineur.

Dans cette loi, l’apostasie était reconnue avérée soit par l’aveu de l’accusé soit par le témoignage de deux hommes. En outre, en conséquence directe de ce jugement, l’apostat ne pouvait plus disposer de ses biens. L’article paru dans le quotidien Al-Ahrâm précise certains détails de la loi en question. Ainsi, si le « criminel » - terme employé par le quotidien Al-Ahrâm - avait entre sept et dix ans, alors le juge pourrait le réprimander sévèrement durant l’audience, ou ordonner qu’il fût remis à l’un de ses parents ou à un tuteur, ou ordonner qu’il fût transféré dans une fondation d’assistance sociale spécialisée dans les crimes de mineurs. Si l’enfant avait entre dix et quinze ans, alors le juge pourrait le sanctionner en ordonnant qu’il fût bâtonné de dix à cinquante fois, etc.

Ce projet de loi stipulait également que toute personne qui aurait incité une autre personne à commettre ce qui serait le crime d’apostasie, se verrait punie de la sanction qui retomberait sur la personne incitée, si l’incitation de la première personne n’est pas suivie d’effets. Si l’incitation est suivie d’effets, les deux personnes se verront appliquer la même sanction.

Par ailleurs, les crimes appelant des sanctions corporelles ne sont pas régis par les mêmes lois dans le code pénal, en ce sens qu’un coupable ne saurait se voir gracié de ces sanctions corporelles, même après des années. En outre, ces sanctions ne peuvent être allégées en une sanction plus clémente ni être pardonnées. L’accusé d’apostasie ne peut pas non plus disposer ni jouir de ses biens. Toute procédure ou engagement pris par l’accusé pendant sa détention est suspendue jusqu’à ce que son affaire soit examinée.

Cette proposition de loi a représenté à l’époque une régression juridique réelle pour remédier à un problème islamique imaginaire. Si cette loi avait été adoptée, elle n’aurait servi que les intérêts des imbéciles, des ignorants et des ennemis de l’Islam. Les imbéciles sont ceux qui croient que cette loi est un bien alors qu’il s’agit d’un mal indicible. Les ignorants sont ceux qui n’ont pas appris la leçon de l’histoire ancienne et contemporaine, et n’ont pas compris que toute entrave à la liberté de pensée ne fait que retarder l’humanité et retarder l’idée qu’il est impératif de protéger. Toute loi de ce type ne profite en fait qu’à l’autorité en place et aux circonstances actuelles, dans lesquelles l’amour du pouvoir va même jusqu’à pousser le dirigeant à espionner ses amis de toujours, et à prendre connaissance de leurs secrets et des photographies de ce qui se passe dans leurs chambres à coucher. Cette loi aurait été une arme pour accuser tout opposant politique, lui intenter un procès et lui faire un scandale. Cette loi aurait également permis de s’emparer des biens de gens et de leur confisquer leurs enfants innocents, auxquels la loi islamique a pourtant accordé une protection inégalée dans toutes les autres législations du monde. Or voici que cette loi irait jusqu’à jeter ces enfants dans des instituts de formation de criminels professionnels, appelés « fondations d’assistance sociale ».

Quant aux ennemis de l’Islam, ils auraient dit : « Les Musulmans ne reconnaissent l’Unicité de Dieu et le Message de Muhammad que grâce à l’application du code pénal. »... Sans plus.

Après tout cela, n’est-il pas venu à l’esprit de ceux qui ont proposé cette loi que les résultats qui seraient obtenus seraient à l’inverse de ceux escomptés ?

L’accusation d’apostasie pourvoit l’accusé de la sympathie des foules. Si cet accusé refuse la prétendue demande de repentance et préfère être tué au nom de son opinion - quelle que soit cette opinion -, alors cette attitude fera de lui un martyr de la liberté de pensée, et cela ne servira qu’à broder une médaille héroïque sur la toge de l’athéisme. C’est d’ailleurs ce qui eut lieu avec les victimes de l’Inquisition dans le Christianisme.

La demande de repentance ne peut faire mieux que cela du moment qu’elle découle de l’autorité. La demande de repentance pour les hommes est équivalente à la maison d’obéissance [4] pour les femmes. A présent que les femmes se soulèvent - à juste titre - contre la maison d’obéissance, le législateur désire créer une maison d’obéissance pour les hommes.

La liberté de pensée : une finalité islamique

Nous pensons que la gravitation de la pensée islamique autour de concept divin a fait que le « droit vrai » (al-haqq) [5] est considéré comme l’absolu principe régissant la société islamique. La liberté découle de ce droit vrai et est en réalité une de ses manifestations. Tout cela est incontestable. Mais en même temps, il est nécessaire de faire exception d’une seule liberté. Cette exception ne cherche pas à s’opposer au droit vrai ou à le détruire, mais elle seule permet de garantir une saine compréhension du principe de droit vrai. Cette liberté est la liberté de pensée et de conscience.

L’unique limite à laquelle s’arrête cette liberté est l’Essence de Dieu - Exalté soit-Il - et Sa Nature. La raison humaine n’est en effet pas disposée à traiter cette question. Tous les philosophes et les penseurs, des quatre coins du monde, depuis Socrate jusqu’à aujourd’hui, n’ont pu parvenir à aucune réponse probante en étudiant cette question. A partir de là, l’unique danger contre lequel l’Islam a mis en garde vis-à-vis de la pensée est la réflexion sur l’Essence de Dieu. En dehors de ce point, l’Islam accorde à la liberté de pensée une latitude inconditionnelle.

Le problème auquel la pensée islamique a dû faire face est le suivant : si le droit vrai est l’absolu principe, alors comment peut-on comprendre ce droit vrai et s’en convaincre - c’est-à-dire y croire, si on se place dans une perspective religieuse ? Si la croyance en ce droit vrai n’est pas imposée et qu’il est nécessaire de s’en convaincre, de la vouloir et de l’accepter avec sérénité, alors il n’y a d’autre issue possible que d’assurer l’existence d’un climat de liberté de pensée propice, premièrement à la compréhension de ce droit vrai, de ses caractéristiques, de ses fondements, de ses conséquences, et deuxièmement à la conviction que ce droit vrai est authentique et parfait.

Nous déduisons ainsi que c’est la liberté de pensée qui permet de connaître le chemin menant à la vérité, au droit vrai. En conséquence, il n’est dès lors plus possible d’entraver cette liberté au nom de la vérité ou du droit vrai. Il s’agirait alors d’une séquestration et d’une atteinte à la nature même de cette liberté. En outre, vouloir protéger la pensée de l’égarement ou de conclusions erronnées est une idée qu’il est impossible d’argumenter. Permettre la mise en place de la moindre entrave et de la moindre limitation sous prétexte de vouloir protéger la pensée ne saurait s’arrêter à ce niveau présupposé. Car de telles limitations protectrices sont elles-mêmes limitées par la compréhension du contenu de la pensée, telle que se le conceptualise celui qui les pose. Si on accepte la moindre limitation de la liberté de pensée, il se trouvera toujours des esprits bornés et une emprise des intérêts qui mèneront le plus souvent à la mise en place des pires formes d’entraves. En témoigne l’histoire de la liberté de pensée.

C’est pour cette raison que l’Islam a banni toute forme d’entrave. Et rien ne l’a dissuadé d’agir ainsi, pas même la crainte de l’égarement ou l’athéisme. Car toute substitution à cette décision serait pire que la décision elle-même. Si les portes de la liberté de pensée sont grandes ouvertes et que certaines personnes s’égarent en conséquence de cela, alors celui qui croira croira par conviction et sur preuve. En revanche, si nous permettons la mise en place d’entraves et si nous faisons preuve d’autoritarisme, alors la croyance pourra n’être que superficielle et sans valeur, même si le nombre de croyants est important.

Les textes qui imposent la liberté de pensée et de conscience sont nombreux. Mais plus importante serait en fait la conception islamique de la société. Cette conception présuppose en effet l’existence de la liberté en tant que partie indivisible du fondement de cette société, non seulement à cause de ce que nous avons précédemment évoqué, du fait que la croyance en la doctrine islamique ne saurait s’opérer que dans un climat libre et après une conviction totale, mais également du fait que l’Islam construit la vie humaine en général sur la base de l’examen divin et de la possibilité du choix entre le bien et le mal. Cela implique et nécessite à son tour l’existence de forces maléfiques ainsi que l’existence de la liberté de l’être humain à suivre ou à résister à ces forces maléfiques. Rien n’est plus clair en ce sens que les textes coraniques. Ainsi, Satan n’a été en mesure de tenter les êtres humains que parce que c’est Dieu - Exalté soit-Il - Qui le lui a permis et lui a même donné les moyens et les outils nécessaires de le faire. Le Noble Coran rapporte l’entretien de Satan avec Dieu en ces termes : « ‹Accorde-moi un délai, dit Satan, jusqu’au jour où ils seront ressuscités.› Dieu dit : ‹Tu es de ceux à qui délai est accordé.› ‹Puisque Tu m’as déchu, dit Satan, je les attendrai sur Ton droit chemin, puis je les assaillirai par-devant, par-derrière, de leur droite et de leur gauche. Et, pour la plupart, Tu ne les trouveras pas reconnaissants.› » (sourate 7 intitulée les Limbes, Al-A`râf, versets 14 à 17) ; « Il dit encore : ‹Vois-Tu ? Celui que Tu as honoré au-dessus de moi, si Tu me donnais un répit jusqu’au Jour de la Résurrection, j’éprouverais, certes, sa descendance, excepté un petit nombre parmi eux›. Et Dieu dit : ‹Va-t-en ! Quiconque d’entre eux te suivra... votre sanction sera l’Enfer, une ample rétribution. Excite, par ta voix, ceux d’entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants et fais-leur des promesses. Or, le Diable ne leur fait des promesses qu’en tromperie. Quant à Mes serviteurs, tu n’as aucun pouvoir sur eux›. Et ton Seigneur suffit pour les protéger ! » (sourate 17 intitulée le Voyage nocturne, Al-Isrâ’, versets 62 à 65). Des versets similaires existent dans les sourates 15 et 38 intitulées respectivement Al-Hijr et Sâd. Ainsi, présupposer l’inexistence de ces forces, de leur liberté d’action et de la liberté de choix de l’être humain contredit la conception que l’Islam se fait de la société, ainsi que l’usage qu’il fait de la récompense et du châtiment divins, du Paradis et de l’Enfer. Un tel présupposé ne fait que détruire la justification de l’existence de cette vie d’ici-bas, justification fondée sur l’égarement d’une part et sur la faiblesse humaine d’autre part. Dieu - Exalté soit-Il - a permis que cette vie soit un terrain d’action pour le Diable et ses tentations, et ce, jusqu’au Jour de la Résurrection. Si on crée des entraves et des parapets rendant improbables les effets de la tentation et de l’égarement, alors il n’y aura plus d’examen, il n’y aura plus de choix, il n’y aura plus ni récompense ni châtiment. Cela contredit fondamentalement et s’oppose même formellement à la conception islamique de la société humaine dans son ensemble, laquelle société est née et a vu le jour suite au choix opéré par Adam. Dieu - Exalté soit-Il - a ensuite fait de cette société un terrain du libre choix, pendant toute la durée accordée au Diable, jusqu’au Jour de la Résurrection. Dieu a permis au Diable d’agir comme il l’entend et Il a armé les croyants de la foi et de la croyance, pour être en mesure de résister aux tentations de ce Diable. S’Il le voulait, Dieu ne lui aurait rien permis du tout et aurait guidé à Lui toute l’humanité, etc.

Par ailleurs, cette conception est limpide dans la manière dont le Coran admet l’existence d’une majorité égarée et d’une erreur répandue. Le Très Haut dit : « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. » (sourate 10 intitulée Jonas, Yûnus, verset 99). Le Coran guide le Messager avec franchise vers cette vérité : « Tu n’as aucune part dans l’ordre divin - qu’Il (Dieu) accepte leur repentir ou qu’Il les châtie, car ils sont bien des injustes. » (sourate 3 intitulée la Famille d’Amram, Âl `Imrân, verset 128) ; « Et si leur indifférence t’afflige tellement, et qu’il est dans ton pouvoir de chercher un tunnel à travers la terre, ou une échelle pour aller au ciel pour leur apporter un miracle, fais-le donc. Et si Dieu voulait, Il pourrait les mettre tous sur le chemin droit. Ne sois pas du nombre des ignorants. » (sourate 6 intitulée les Bestiaux, Al-An`âm, versets 35) ; « Même si tu désires ardemment qu’ils soient guidés... Sache que Dieu ne guide pas ceux qui s’égarent. Et ils n’auront pas de secoureurs. » (sourate 16 intitulée les Abeilles, An-Nahl, verset 37) ; « Tu ne guides pas celui que tu aimes : mais c’est Dieu qui guide qui Il veut. »Al-Qasas, verset 56). (sourate 28 intitulée le Récit,

Quant aux versets qui soutiennent la liberté de conscience, ils sont trop nombreux pour que nous les citions dans ce bref article. On peut néanmoins en tirer quelques conclusions :

- On doit gagner une personne à la foi en l’invitant et en discutant avec elle, sans contrainte, sans pression, sans faire appel à une quelconque autorité, à une quelconque position sociale, sans répondre aux demandes de miracles ni aux demandes d’ordre purement matériel.

- Les prédicateurs doivent être libres de prêcher. Toute entrave à leur activité est une forme d’obstruction et d’agression.

- Les gens doivent rester libres d’accepter ou de refuser cette invitation.

Plusieurs versets montrent que la foi relève de la guidance, et que la divergence avec cette foi relève de la destinée. Tout vient de Dieu. Dieu - Exalté soit-Il - a ordonné à Son Prophète de se détourner des idolâtres et des ignorants, car il n’y a nulle contrainte en religion : celui qui croit ne profite qu’à lui-même et celui qui mécroit ne cause du tort qu’à lui-même également. Dieu - Exalté soit-Il - est le Seul à pouvoir juger entre les hommes concernant ce sur quoi ils divergeaient. Les versets allant dans ce sens se comptent par dizaines, ce qui en fait incontestablement un fondement de la religion musulmane.

La méthodologie du Coran dans l’abord qu’elle réserve à l’Autre

Le Coran a posé une méthode à suivre face aux avis divergents. Ainsi, il commence par citer les prétentions des idolâtres, aussi diffamatoires, polythéistes et insolentes que puissent être ces prétentions, puis il y répond par l’argument et la logique. On peut ainsi citer : « Et ils ont dit : ‹Dieu s’est donné un fils› ! » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 116) ; « ceux qui ont dit : ‹Dieu est pauvre et nous sommes riches›. » (sourate 3 intitulée la Famille d’Amram, Âl `Imrân, verset 181) ; « Ils dirent : ‹Fais-nous voir Dieu à découvert !› » (sourate 4 intitulée les Femmes, An-Nisâ’, verset 153) ; « Et les Juifs disent : ‹La main de Dieu est fermée !› » (sourate 5 intitulée la Table servie, Al-Mâ’idah, versets 64) ; « ceux qui disent : ‹En vérité, Dieu est le troisième de trois.› » (même sourate, verset 73) ; « ils disent : ‹Tu n’es qu’un menteur›. » (sourate 16 intitulée les Abeilles, An-Nahl, verset 101) ; « Et ils disent : ‹Ceci (le Coran) n’est qu’un mensonge inventé›. » (sourate 34 intitulée Saba’, verset 43) ; « Ils dirent : ‹Nous voyons en vous un mauvais présage. Si vous ne cessez pas, nous vous lapiderons›. » (sourate 36 intitulée Yâ-Sîn, verset 18) ; « Et ils disent : ‹Ce sont des contes d’anciens qu’il se fait écrire ! On les lui dicte matin et soir !› » (sourate 25 intitulée le Discernement, Al-Furqân, verset 5). De nombreux versets similaires existent encore, mais nous n’avons pas ici la place de tous les citer. Dans aucun de ces versets, le Coran n’a pourtant demandé de couper la langue, d’emprisonner, de châtier ou de sanctionner ceux qui tiennent de tels propos infâmes, contrairement à ceux qui se rendent coupables de vol, de fornication ou de calomnie, etc. Le Coran n’a pas non plus négligé ces prétentions car leur simple mention aurait pu alimenter le doute. Non, il les cite puis les détruit par l’argument, la logique et la preuve.

Quant aux questions soulevées au sujet du jihâd (effort de lutte) et de cette équivoque fermement ancrée dans certains esprits, selon laquelle l’Islam se serait répandu par l’épée, nous répondons que rien n’en est plus éloigné de la réalité. Si le but de l’effort de lutte armée était d’imposer l’Islam aux populations conquises, alors le prélèvement de la capitation (jizyah) n’aurait pas pu être toléré, et il aurait été considéré comme la pire forme de corruption. En outre, si cette prétention était avérée, alors les attaques les plus violentes auraient dû s’abattre en priorité sur les prédicateurs des autres religions, comme les moines et les rabbins ; les lieux de culte, les églises, les synagogues et les monastères auraient dû en outre être détruits. Or, l’effort de lutte musulman a pris une voie diamétralement opposée. Il a permis à chacun de rester dans sa religion et il a interdit toute persécution religieuse. Il a garanti sa protection aux prêtres et aux rabbins, aux synagogues et aux églises et il a formellement défendu de s’en prendre à eux.

Ce que certaines personnes n’ont pas compris, c’est que l’Islam, tout en étant une doctrine religieuse pure entre l’individu et son Seigneur, est également un système socio-politique fondé sur la justice, l’égalité et la liberté de pensée et de conscience. Tous les systèmes existants, à l’avènement de l’Islam, étaient noyés dans la tyrannie, enracinés dans les systèmes de castes, fondés sur l’orgueil, l’injustice et la répression. Tous ces systèmes ne pouvaient en aucun cas permettre l’apparition de l’Islam en tant que religion et croyance ni en tant qu’appel à la justice, à l’égalité et à la liberté. Il n’y avait donc aucune autre issue que d’affronter ces systèmes en leur déclarant la guerre. L’expérience de l’histoire que l’Islam avait eue jusqu’alors et la manière dont les mécréants de la tribu de Quraysh avaient accueilli la nouvelle religion - la contraignant à la clandestinité puis à l’exil - présageaient que les classes élevées et les détenteurs des rênes du pouvoir n’étaient pas prêts à abandonner volontiers leurs privilèges. L’effort de lutte musulman était donc en réalité une guerre menée au nom de la liberté de conscience, cette liberté concernant aussi bien les Musulmans que les non-Musulmans. Il était question de libérer les masses et les populations de l’esclavage, de l’ignorance, de la misère et des systèmes despotiques. L’heure était venue de remplacer la législation des aristocraties, des trônes et de la tyrannie par la législation du Livre et de la justice.

Si les conquêtes musulmanes n’avaient pas eu pour but de libérer les foules et d’instaurer cette justice, les Musulmans n’auraient pas combattu ainsi jusqu’au martyre. L’être humain ne sacrifie pas sa personne pour cette vie éphémère et pour des biens matériels. En outre, les conquêtes musulmanes n’auraient pas pu s’avancer avec une telle rapidité, traçant leur voie et affermissant leurs pas. Rien n’aurait été plus facile pour les populations conquises que de se soulever contre les armées islamiques, peu nombreuses, fort peu loties en matériel et en subsistance, et loin de leur quartier général. Lorsque les Musulmans pénétrèrent en Espagne, ils n’étaient qu’au nombre de quelques dizaines de milliers tout au plus. Il leur était impossible de rester pendant huit siècles si ce n’était la puissance spirituelle et l’amour de la justice qui les animaient.

Bien que le mot « capitation » (jizyah) possède chez certains écrivains et dans certains esprits une connotation péjorative, il demeure que ce terme est bien loin de la signification que certains veulent lui donner. Le mot jizyah dérive de la racine jazâ (rétribuer), yajzî (il rétribue), jazâ’ (rétribution), construite sur le même modèle étymologique que qadâ (juger), yaqdî (il juge), qadâ’« Et redoutez le jour où nulle âme ne sera rétribuée à la place d’une autre. » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 48). Le célèbre hadith dit : « Ton âme sera rétribuée pour toi, mais elle ne sera rétribuée pour personne d’autre que toi. » (rapporté par Al-Bukhârî). La jizyah a donc le sens de « contrepartie », et c’est d’ailleurs sa réelle signification. Elle est une contrepartie à la protection octroyée par la société islamique aux non-Musulmans. Ces derniers sont en effet exemptés de participer à la défense de l’Etat ou de servir dans l’armée. C’est pour cette raison que la capitation n’est pas prélevée sur les femmes et les enfants, ni sur les autres gens de la dhimmah incapables de subvenir à leurs propres besoins. Ces derniers sont au contraire pris en charge par le Trésor Public musulman qui leur verse des pensions et leur offre des cadeaux leur permettant de vivre dignement. Il n’y a donc rien de péjoratif dans la capitation. En outre, elle est un moyen de concilier la liberté et la justice. La capitation a d’ailleurs des équivalents dans les sociétés européenne et américaine contemporaines. (jugement). Dans la Révélation, on trouve le verset suivant :

D’autre part, il est établi que la légitimité de la guerre en Islam a émergé en vue de défendre la liberté de conscience. L’effort de lutte se trouve dès lors dans le rang de la liberté, afin de défendre ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : ‹Dieu est notre Seigneur›. L’effort de lutte n’est donc pas ici l’adversaire de la liberté. Cela a été tiré au clair depuis le premier verset révélé autorisant le combat armé. Dieu dit dans ce verset : « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués de se défendre, parce que vraiment ils sont lésés - et Dieu est certes Capable de les secourir -, ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : ‹Dieu est notre Seigneur›. Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué. Dieu soutient, certes, ceux qui soutiennent Sa Religion. Dieu est assurément Fort et Puissant. Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la prière, s’acquittent de l’aumône purificatrice, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable... Cependant, l’issue finale de toute chose appartient à Dieu. » (sourate 22 intitulée le Pèlerinage, Al-Hajj, versets 39 à 42).

Les autres versets autorisant la guerre entrent également dans ce cadre. Tous ont pour objectif de défendre la foi et de repousser la persécution. Le verset le plus dur - celui que les exégètes appellent le verset de l’épée - [6] est directement suivi d’un autre verset qui ne peut que susciter l’admiration : « Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le lui, afin qu’il entende la Parole de Dieu, puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas. » (sourate 9 intitulée le Repentir, At-Tawbah, verset 6). Une telle prescription ne saurait exister au milieu de versets relatifs à la guerre, sauf si cette guerre se donne pour objectif de défendre la liberté de conscience. L’épée n’est donc pas dirigée en vue de contraindre les gens à la foi. Tout comme il ne saurait exister des directives, s’adressant au Prédicateur suprême - paix et bénédiction sur lui -, aussi claires et limpides que : « Et tu n’es pas un dominateur sur eux. » (sourate 88 intitulée l’Enveloppante, Al-Ghâshiyah, verset 22) ; « Et tu n’es pas leur garant. » (sourate 6 intitulée les Bestiaux, Al-An`âm, verset 107). Le Prophète est un transmetteur du Message et un témoin. Il n’est nullement un dominateur ni même un garant.

On pourra également consulter les autres approches de la question de l’apostasie :

- Al-Qaradâwî : « Le danger de l’apostasie... et la lutte contre la zizanie »

- Al-`Awwâ : « La sanction de l’apostasie est une peine discrétionnaire, non un châtiment corporel »

- Al-Bannâ : « Pas de sanction pour l’apostasie... La liberté de conscience est le fondement de l’Islam »

Notes

[1] Cette peine dite de la hirâbah concerne ceux qu’on appellerait aujourd’hui les criminels de guerre. Elle est définie par le verset 33 de la sourate 5 intitulée la Table servie, Al-Mâ’idah :
« La récompense de ceux qui guerroient contre Dieu et Son Messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment. »

[2] Cette expression désigne l’ensemble des territoires en guerre contre les Musulmans.

[3] Pour en savoir plus sur cette notion, on pourra se référer à l’article suivant : « Renier de la religion ce qui en est nécessairement connu ».

[4] La sentence dite de « maison d’obéissance » concerne la femme qui est accusée de s’être rebellée contre son époux et d’avoir quitté le domicile conjugal pour cette raison. L’époux peut alors déposer une plainte auprès de la justice. Si cette sentence de « maison d’obéissance » est prononcée par le juge, l’épouse doit obligatoirement rentrer au domicile conjugal. Si elle refuse d’obtempérer, elle est séparée de son époux et perd son droit à un remariage ultérieur. Cette pratique existe dans des pays comme l’Egypte.

[5] Cette notion de droit vrai traduit ici la notion islamique de « haqq » qui signifie aussi bien le droit institué par Dieu que l’émanation de la Vérité divine. Le droit vrai se veut ainsi être le droit tel que Dieu nous l’a voulu, et non tel que nous, nous le voulons.

[6] Il s’agit du verset 5 de la sourate 9 intitulée le Repentir, At-Tawbah :
« Après que les mois sacrés expirent, tuez les idolâtres où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la prière et s’acquittent de l’aumône purificatrice, alors laissez-leur la voie libre, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux. »

Source

L'article de Djamel Al Banna est traduit par/ www.islamophile.org/ depuis le site Islamonline.net.

VIDEO EN RAPPORT



EN CONSTRUCTION

A SUIVRE